Le 7 mai 2026 - Un rapport d’enquête de la commissaire à l’éthique et à la déontologie au sujet de la députée de Chomedey, madame Sona Lakhoyan Olivier (la « Députée »), a été déposé aujourd’hui par la présidence de l’Assemblée nationale. Le rapport traite de l’utilisation des biens et services de l’État mis à la disposition de son bureau de circonscription à des fins partisanes à l’occasion de la course à la chefferie du Parti libéral du Québec (le « Parti »). Il porte aussi sur des discussions entre la Députée et des membres de son personnel au sujet de l’enquête ainsi que sur le fait de soustraire des éléments de preuve.
Cette enquête a été ouverte, puis élargie, à l’initiative de la commissaire. Elle visait à déterminer si la Députée a contrevenu au Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale (le « Code »). Elle n’avait pas pour objectif d’examiner la véracité ou la conformité au cadre légal applicable d’autres situations qui auraient pu survenir à l’occasion de la course à la chefferie du Parti.
Conclusions de l’enquête
La commissaire a conclu que la Députée a commis un manquement à l’article 36 du Code en permettant que les ressources mises à la disposition du bureau de circonscription soient utilisées pour la campagne d’un candidat de la course à la chefferie du Parti. La preuve démontre que les locaux du bureau de circonscription et la masse salariale des membres du personnel ont été utilisés à des fins partisanes entre les mois d’avril et de juin 2025, et de manière accrue à deux moments charnières de la course. Le bureau est alors devenu le quartier général des activités partisanes réalisées par l’association du Parti de la circonscription de Chomedey et les membres du personnel ont été activement mobilisés. Cette utilisation, qui était non seulement suffisamment significative pour constituer un manquement, mais aussi de grande importance, a été permise et encouragée par les actions et les propos de la Députée.
Par ailleurs, la commissaire a conclu que la Députée a commis un manquement au quatrième paragraphe de l’article 41 du Code en posant une série d’actions après le déclenchement de l’enquête qui ont eu pour effet d’entraver le Commissaire à l’éthique et à la déontologie (le « Commissaire ») dans ses fonctions. D’une part, la preuve révèle que la Députée a discuté de l’enquête à plusieurs reprises avec les membres de son personnel afin de les convaincre du bien-fondé de sa version des faits et de dicter leurs éventuelles réponses aux questions du Commissaire. D’autre part, la preuve démontre que la Députée a modifié les paramètres d’un canal de discussion utilisé à des fins professionnelles et partisanes pour empêcher toute personne d’enregistrer des images et d’exporter l’historique de la conversation. Puis, elle a omis de transmettre au Commissaire des extraits de cette conversation.
Dans ces circonstances, la commissaire recommande à l’Assemblée nationale d’imposer à la Députée une pénalité d’un montant de 8 000 $. Cette recommandation s'appuie sur plusieurs facteurs, entre autres la gravité des manquements, le manque de respect de la Députée envers les membres de son personnel et l’Assemblée nationale, sa collaboration insuffisante à l’enquête ainsi que le fait qu’elle ne s’est pas acquittée de son devoir d’exemplarité et qu’elle ne reconnaît pas réellement avoir commis des manquements. « Afin de contribuer à ce que de tels manquements ne soient pas commis de nouveau, d’éviter de banaliser la conduite de la Députée et de renforcer la confiance de la population, la sanction doit avoir un effet dissuasif réel et réprouver suffisamment sa conduite », explique la commissaire Ariane Mignolet.
Formation des parlementaires
La Députée estime que l’enquête n’aurait pas eu lieu si elle avait compris pleinement les règles qui doivent encadrer sa conduite à titre de membre de l’Assemblée nationale. Or, plus de 15 ans après l’adoption du Code, toute méconnaissance des valeurs et principes éthiques et des règles déontologiques guidant la conduite des membres de l’Assemblée nationale est imputable à la personne qui l’invoque. La commissaire constate et déplore que la majorité des membres de l’Assemblée nationale actuellement en fonction n’ont toujours pas suivi de formation depuis le début de la présente législature, malgré les efforts de sensibilisation soutenus déployés par le Commissaire.
Il lui parait donc essentiel que le Code soit modifié dès maintenant afin que l’ensemble des personnes élues aux prochaines élections générales aient l’obligation de suivre, dès le début de leur mandat, une formation sur les règles régissant leur conduite. La commissaire offre son entière collaboration pour que cette modification au Code se fasse sans attendre.
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Anne-Sophie St-Gelais
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